La chorée de Huntington doit son nom à George HUNTINGTON (1850-1916), médecin américain. Il est le premier à la décrire en 1871. Cette pathologie cérébrale est dégénérative et héréditaire. Elle apparaît en général tardivement, entre 30 et 50 ans, mais elle peut également se déclarer chez des enfants ou des personnes plus âgées.

source : http://www.nature.com
Symptômes
Les symptômes de la chorée de Huntington varient et évoluent selon les individus.
Le patient présente une ataxie, c’est-à-dire des troubles de la coordination des mouvements. Il produit des mouvements "choréiques", qui peuvent également se rencontrer dans d'autres pathologies, telles que la maladie de Parkinson ou au cours de l'infection par le VIH (sida).
Les mouvements choréiques sont involontaires, imprévisibles, brusques et saccadés. Ils concernent surtout les muscles du tronc et des membres (en particulier leur partie proximale).
La marche est perturbée, voire impossible. La parole est hésitante ou explosive. Le patient présente des réflexes augmentés.
- des symptômes psychiques sévères
Certains sont des symptômes de type émotionnel avec un développement de l'anxiété, la dépression, l'irritabilité, la tendance suicidaire.
D'autres sont liés à une détérioration des fonctions cognitives : la désorientation dans le temps et l’espace, la perte de la mémoire, de l’attention, du langage, du raisonnement, des reconnaissances...
La maladie évolue vers la perte progressive de l'autonomie de la personne atteinte. La détérioration intellectuelle progresse le plus souvent vers un état de démence irréversible. La mort, en moyenne au bout de 15 à 20 ans, survient du fait de complications, de dénutrition ou de suicide.
Il existe cependant des formes atténuées, pour lesquelles l'espérance de vie est plus longue.
Étant donné que les symptômes survenant au cours de cette maladie neurologique surviennent tardivement, une personne atteinte par la maladie peut avoir des enfants avant de savoir qu'elle souffre elle-même de cette maladie.
Pathogénie
La dégénérescence neuronale correspond à une atrophie du cortex cérébral et des noyaux gris centraux : des masses de substance grise situées à l'intérieur de la substance blanche du cerveau.
Les méninges (les membranes qui enveloppent et protègent le cerveau) sont épaissies.
Étiologie
La chorée de Huntington est une génétique rare (prévalence variable selon les populations, de 3 à 7/100 000 habitants en Europe de l’Ouest).
Le gène responsable a été localisé en 1993 dans la partie terminale du bras court du chromosome n°4. L’allèle muté est dominant par rapport à l’allèle sauvage (sain). La transmission se fait donc sur le mode autosomique dominant, c’est-à-dire qu’il suffit que l'un des deux parents possède l'allèle muté et le transmette à l'enfant pour qu'il developpe la maladie.
L’allèle sauvage (sain) produit la huntingtine, une protéine fonctionnelle : en association avec d’autres protéines, la huntingtine protège les neurones.
La mutation du gène consiste en une duplication multiple d’un segment de trois nucléotides (CAG) de ce gène. Cette augmentation du nombre de triplets peut être progressive sur plusieurs générations ; les mécanismes en sont mal connus. Le triplet CAG code l’acide aminé glutamine. La huntingtine possède normalement entre 6 et 34 glutamines, alors que la protéine mutée peut en contenir de 35 à 155. Ces acides aminés sont des molécules polaires : ils se lient entre eux par des liaisons hydrogènes et provoquer une agrégation de la protéine. La huntingtine mutée n’est alors plus fonctionnelle.
Thérapie
À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement qui ralentisse ou stoppe la maladie.
Un traitement symptomatique peut néanmoins être mis en place avec la prise de neuroleptiques pour corriger les mouvements choréiques, ou encore d’antidépresseurs ou d'anxiolytiques.
Une prise en charge médico-sociale doit aussi être envisagée.
L’espoir réside actuellement dans la recherche et l’expérimentation de nouvelles molécules pour contrecarrer la mort des neurones, ainsi que dans les greffes de cellules nerveuses embryonnaires.
Dépistage
Le gène étant localisé, il peut maintenant être recherché en test prénatal ou chez un sujet à risque. Ce type de dépistage génétique peut avoir de si lourdes conséquences personnelles et familiales qu'il ne peut être réalisé qu'après une évaluation médicale, psychologique et sociale par des équipes spécialisées.
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Mise à jour le Jeudi, 16 Septembre 2010 09:48 |