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L'histoire de l'anatomie

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Les égyptiens. Galien. Vésale. Michel Ange. Léonard de Vinci. Quels sont les analogies entre ces noms ? Chacun d’entre eux a participé au progrès des connaissances concernant l’anatomie humaine.

Les anciens égyptiens croyaient que le corps d’un défunt devait être préservé pour assurer une existence à son âme dans l'au-delà. Aussi, vers 3000 ans avant notre ère, ils commencent à mettre en œuvre un rite funéraire : la momification. Cet embaumement est basé sur des techniques qui ont évolué pendant les 30 siècles de l’histoire d’Egypte ancienne. Le corps des personnages importants est pris en charge selon quatre étapes successives sur une période de 70 jours :

- l'excérébration : l’extraction de l’encéphale par les fosses nasales

- l’éviscération : le retrait des viscères abdominaux et thoraciques

- la déshydratation : le séchage des organes, replacés ensuite sous forme de petits sacs dans la momie ou conservés dans des vases sacrés

- le bandelettage : la mise en place de prothèses oculaires, d’amulettes, le remplissage des cavités thoraciques et abdominales, la pose des bandelettes.

Ces dissections officielles sont à la base de l’excellente réputation des médecins et des chirurgiens de l’ancienne Egypte. En revanche, des erreurs importantes sont commises sur le fonctionnement du corps, la physiologie. Par exemple, le cœur est considéré comme le centre de la pensée, l’organe « cerveau » n’intervient pas…

Au IIe siècle de notre ère, le christianisme est très implanté en Europe et en Méditerranée. Pour cette religion, le corps du mort doit retourner à l’état de poussières. Au-delà du rejet de l’embaumement, cette religion interdit la dissection de cadavres humains. L’étude du corps humain devient d’autant plus difficile.

À cette époque, un grec, Claude Galien (131 – vers 201) devient la première véritable référence en anatomie. L’autopsie de cadavres humains interdite, il établit ses connaissances grâce à l’utilisation d’animaux, en particulier de singes. II décrit le parcours de l’influx nerveux depuis l’encéphale et étudie l’influence des nerfs sur le mouvement musculaire. Il décrit également les différentes qualités du sang dans les veines et dans les artères. Mais, il se trompe sur les rôles respectifs du foie qu’il prend pour le centre de la circulation sanguine. Galien étudie également la pharmacologie et les plantes médicinales. Son nom reste présent dans des expressions de notre époque comme les « formes galéniques », formes sous lesquelles est présenté un médicament (un comprimé, une solution buvable…). En revanche, les travaux anatomiques de Galien restent « la référence » pour les médecins uniquement jusqu’au XVIe siècle… pendant 14 siècles, tout de même !

André Vésale (Bruxelles, 1514 – 1564) est considéré comme le père de l’anatomie moderne. En 1537, à 23 ans, il devient médecin. Deux ans plus tard, en totale opposition avec la religion chrétienne, il bénéficie d’une formidable opportunité grâce à un juge : la mise à disposition des cadavres de criminels exécutés. Il réalise sur eux des dissections. Le juge retarde même des exécutions en fonction des travaux du médecin. Les descriptions de Vésale sont plus précises et plus justes que celles de Galien qui travaillait sur le singe. Malgré des dissections en public et comparées, ses confrères n’admettent pas facilement que les 14 siècles de référence à Galien sont une erreur. Il arrête ses recherches et devient le médecin de plusieurs rois et empereurs européens. Il meurt à 50 ans en 1564 au cours d’un naufrage sur les côtes grecques. Il devient la nouvelle référence en anatomie.

L’anatomie est naturellement liée avec l’Art : le corps humain est représenté depuis des siècles, mais au XVIe siècle, la Renaissance fournit des exemples spectaculaires de réalité. Par exemple, Michel Ange présente son célèbre David à Florence en 1504 : un unique bloc de marbre de plus de 3 m de hauteur est sculpté avec le souci du respect du moindre détail anatomique : les muscles, les veines... Léonard de Vinci, l’auteur de la Joconde, ne dessine pas seulement l’extérieur du corps, mais aussi l’intérieur. À la même époque que Vésale, il apprend à disséquer une trentaine de cadavre. Il réalise des milliers d'esquisses pour comprendre le système cardiovasculaire. Il réalise des coupes d'organes pour en faire des coupes tridimensionnelles. Il perfuse des organes, met en place de la cire dans des organes pour en faire un moulage. Il émet des hypothèses physiologiques sur la formation de l'image par l'œil. Arrivé en France auprès de François Ier, il ne fait plus d'anatomie : il faut attendre le XXe siècle pour que ses cahiers d’anatomie, restés en Italie, soient publiés.

La liste des personnalités qui ont participé, et participent encore, au progrès de l’Anatomie et de la Médecine est longue. Pensez aux noms que vous pouvez lire au fronton de certains établissements hospitaliers : Ambroise Paré, Xavier Bichat…. N’oubliez pas ceux que vous rencontrez parmi les annotations d’un schéma : Marcello Malpighi, Gabriel Fallope, Jan Purkinje, Reinier De Graaf

Sources :

* les momies : http://vignol.free.fr/index_momif.html

* Galien et sa photo : http://www.infoscience.fr/histoire/portrait/galien.html

* Vésale : http://www.infoscience.fr/histoire/biograph/biograph.php3?Ref=59

* Photo Vésale : http://www.unites.uqam.ca/philo/cours/Phi2080/7nature.html#mdecine
Mise à jour le Samedi, 12 Avril 2008 09:17
 
 

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