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Les greffes de tissus

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Les greffes de tissus sont plus fréquentes que les transplantations d'organes entiers, alors qu’elles sont sans doute moins connues.
Elles concernent, par exemple, la cornée, l’épiderme et le derme, le tissu osseux, les tendons, les ligaments et les valves cardiaques. Ces tissus sont prélevés sur des donneurs décédés volontaires (une allogreffe), ou sur le patient lui-même (une autogreffe) ; ils peuvent également obtenus après culture.
Aujourd’hui, il existe en France plus de 100 banques de tissus. Elles alimentent environ 600 établissements susceptibles de réaliser des greffes de tissus.

Le traitement des grands brûlés fait appel, dans la plupart des cas, à des greffes de peau à partir de zones intactes du corps du patient. Cette méthode évite le rejet du greffon, elle n'est cependant réalisable qu’à condition que la surface brûlée n'excède pas 60% de la surface du corps environ. Au-delà, la culture de peau in vitro est nécessaire.
L’actuel principe de culture consiste à extraire deux types de cellules à partir d'un échantillon de 2 cm2 environ de la peau saine du patient. Ces cellules sont les kératinocytes de l'épiderme et les fibroblastes du derme.
Les fibroblastes du derme sont cultivés en présence de plasma sanguin du patient pour obtenir des fibres et aboutir à la formation d'un "derme reconstitué". Ce nouveau tissu est alors recouvert d'une culture de kératinocytes.
Comme tous les éléments utilisés proviennent du patient lui-même, le risque de rejet est très limité.
Cependant, ces greffes sont loin d'être parfaites : les glandes sébacées (qui produisent le sébum) et les glandes sudoripares (qui produisent la sueur) sont par exemple incapables de se reconstituer.

Une découverte capitale est réalisée en 2001 par des chercheurs français : la peau humaine adulte contient des cellules souches capables de donner naissance à toutes les lignées de cellules nécessaires pour reconstituer l'épiderme, les glandes sébacées et les follicules pileux (qui fabriquent les poils ou les cheveux).
En 2006, une équipe de chercheurs du CEA d'Évry (Commissariat à l'Énergie Atomique) met au point une technique capable d'isoler ces cellules souches à partir d'une culture de kératinocytes : ils utilisent un produit faiblement toxique pour la cellule qui reste dans les kératinocytes, mais qui est expulsé par les cellules souches ; un colorant fluorescent permet alors de les distinguer.

L'avenir du traitement des grands brûlés réside sans doute dans la thérapie cellulaire. Le principe est la greffe de cellules souches capables d'un énorme potentiel de différenciation et de prolifération. Une telle greffe permettrait une régénération rapide et une meilleure qualité de la peau.
Des tests sur la souris sont en cours, afin d'étudier la qualité de la peau ainsi reconstituée.

 

 

Mise à jour le Samedi, 12 Avril 2008 09:16
 
 

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